Vous serez accueilli-e au sein de l’Unité de recherche ETTIS (Environnement Territoires en Transition, Infrastructures, Sociétés) du centre Nouvelle-Aquitaine Bordeaux de l’INRAE qui conduit des recherches pluridisciplinaires (sociologie, économie, géographie, statistique, agronomie, sciences pour l’ingénieur) sur les interdépendances socio-écologiques, les inégalités environnementales, les transitions socio-écologiques « en train de se faire », la performance et la qualité des services à l’épreuve du changement global.
La proposition qui suit est issue du programme de recherche JustAct, porté par ETTIS et le réseau EJJE (https://justiceenvironnementale.inrae.fr).
UNE ETUDE SUR L'ECOLOGIE DEPUIS LES MARGES EN FRANCE HEXAGONALE
L’écologie et le social ont fait l’objet de politiques qui se sont longtemps ignorées en France, constituant également des champs militants bien distincts. Pour autant, le développement contemporain d’actions collectives [1] menées au nom de la justice sociale et de la protection de l’environnement, incarné notamment par le slogan « fin du monde et fin du mois même combat », scandé par les cortèges de Gilets Jaunes et repris par nombre de collectifs, dont la CGT ou les Amis de la Terre, semble annoncer une plus grande porosité des causes, une forme de désectorialisation des mouvements sociaux (Grizoni et Nemoz, 2017) [2] Ces mouvements pouvant être lus comme des marqueurs et des vecteurs de transformation des sociétés (Tilly, 1986) [3], le programme JustAct s’intéresse tant à leur renouvellement supposé qu’à leurs effets transformatifs.
L’un des axes de ce programment s’intéresse plus spécifiquement à l’engagement écologique depuis les marges. L’espace des mouvements sociaux écologistes en France connait des évolutions récentes liées à la prise en compte croissante des questions d’oppressions systémiques dans la perspective d’une conception plus juste de l’écologie. Cela est rendu visible par la multiplication d’événements associatifs voire institutionnels sur l’écoféminisme, l’écologie populaire ou décoloniale. De plus, à l’image de la lutte du Front de Mères, de Ghett’up ou de Banlieue Climat, des collectifs portés par des personnes minoritaires semblent s’inscrire davantage au sein de la nébuleuse écologiste. « Popularisation », « queerisation », « décolonisation » de l'écologie, dénonciation du racisme environnemental lors d’évènements écologistes : quelles sont les transformations des actions collectives (socio)écologistes issues de l’engagement des marges ? Avec quelle articulation et quels effets sur leurs luttes contre les inégalités sociales et les discriminations raciales ?
Vous serez plus particulièrement en charge de :
- compléter la revue de littérature sur les écologies populaires ou depuis les marges ;
- compléter les enquêtes, menées par observations et entretiens, auprès de collectifs de France Hexagonale, et plus spécifiquement d’Ile de France, luttant à la fois contre les discriminations raciales et pour la défense de l’environnement et du climat ;
- contribuer à l’analyse des enquêtes ;
- participer aux séminaires collectifs du projet JustAct.
[1] Définie ici comme un « agir ensemble intentionnel dans une logique de revendication » : Neveu E. (2000) Sociologie des mouvements sociaux. Paris, La Découverte
[2] Grisoni, A. et Némoz, S. (2017) Les mouvements socio-écologistes, un objet pour la sociologie. Socio-logos. Revue de l'association française de sociologie, (12).
[3] Tilly Ch. (1986) La France conteste, de 1600 à nos jours. Paris, Fayard