Sujet de thèse :
Sujet : Territoires apprenants : repenser les trajectoires des données environnementales pour créer des modalités d’action à l’échelle des territoires
Contexte de la recherche
Plusieurs recherches montrent que les connaissances ne suffisent pas à inciter à l’action (Sturgis et Allum, 2004). Plusieurs raisons l’expliquent.
Tout d’abord, la décision qui structure l’action est alimentée de nombreux autres éléments que la connaissance scientifique :
- le contexte socio-politique, qui peut favoriser ou au contraire freiner l’intégration des connaissances dans l’action. Une crise peut précipiter l’action et l’intégration, car elle peut ouvrir une fenêtre d’opportunité propice pour certains acteurs, mais d’autres paramètres peuvent venir contrarier ce processus (Gobert et Rudolf, 2023 ; Ingold et Gavilano, 2019);
- la réceptivité différenciée des acteurs et globalement des systèmes d’acteurs aux différents types de connaissances et savoirs (Carlet, 2014 ; Rudolf, 2022) ;
- les rapports de pouvoir à l’œuvre, ou le souhait de ne pas agir, que les travaux sur l’agnotologie mettent en avant (Proctor et Schiebinger, 2008).
En outre, les « connaissances » sont un matériau d’abord structuré selon une représentation du monde et souvent créé pour un type d’acteurs. A ce titre, la connaissance n’est ni neutre, ni assimilable en toutes conditions et en tout contexte (Millet, 2003).
Il ne suffit pas de rendre disponibles des connaissances acquises et de les communiquer, pour que les connaissances deviennent transformatrices. Il faut les traduire, les transformer (Audoux, 2016 ; Callon, Lascoumes et Barthe, 2001), et les mettre dans un format qui permet la réception. Or, cette réception est étroitement dépendante de celui qui la reçoit. Pour faciliter sa diffusion, elle doit passer par des intermédiaires.
D’où l’appel de plus en plus important à :
- l’effort appuyé en termes de vulgarisation des connaissances et de médiation scientifique (mouvement descendant) pour diffuser un certain nombre de savoirs, les partager et induire à l’action des collectifs d’acteurs, dont les acteurs publics ;
- la mise en dialogue des savoirs (situés, profanes, experts, expérientiels…) et des littéracies entre les différents producteurs, « opérateurs » et diffuseurs de connaissances (mouvement d’horizontalisation) ;
- la co-construction des connaissances comme moyen d’inciter à l’action les « décideurs ». Depuis une dizaine d'années, un mouvement mondial encourageant la coproduction de connaissances au niveau local sur le changement climatique et les solutions d'adaptation a vu le jour (Bremer et Meisch, 2017 ; Cvitanovic et al., 2015). Cette co-production nécessite de structurer des processus collectifs et situés de création, de validation et d'intégration des connaissances (Dewulf et al., 2020 ; Meah, 2019). Elle permet aux acteurs de se confronter dans un cadre spécifique et éventuellement de décider d'actions
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